Aujourd’hui, de nombreux professionnels disent « faire du comportement » et exercent leur activité en rapport avec le Chien ou le Chat sous le titre de comportementaliste. Mis en lumière par les médias, le terme se retrouve à toutes les sauces et se conjugue à tous les temps : Educateur-comportementaliste, Comportementaliste animalier, Comportementaliste canin, félin ou équin, Vétérinaire comportementaliste … L’activité s’exerce un peu partout : en cabinet pour certains, dans les clubs canins ou à domicile pour les autres (voire même au téléphone !).
Des approches bien différentes abritées pourtant sous une même appellation :
Pour un même comportement posant difficulté au propriétaire d’un animal (Chien ou Chat), le public concerné se voit proposer des interprétations bien différentes : suivant l’approche du professionnel à qui l’on a à faire, le comportement peut être considéré comme anormal (trouble du comportement), ou comme une provocation de la part de l’animal qui teste son maître (problème de hiérarchie), ou encore une marque d’affection, de vengeance ou de jalousie … Entachées d’anthropomorphisme, la plupart de ces propositions sont certainement très éloignées de la réalité animale.
Suivant la façon dont on interprète le comportement du Chien ou du Chat, différentes « stratégies » sont proposées pour réprimer ces conduites dérangeantes : Si le comportement est un trouble (un symptôme), la pathologie sera traitée avec des médicaments et/ou des thérapies comportementales. Si le comportement est attribué à une mauvaise éducation, l’animal sera rééduqué (d’où le terme rééducation comportementale) via des méthodes de conditionnement (plus ou moins coercitives suivant les approches).
Côté Chien : Médor a vu 3 comportementalistes (chez lui, au club et chez le vétérinaire). Son lieu de couchage et l’heure de sa ration alimentaire ont changé 3 fois en 2 mois ; il s’est vu interdire puis autoriser l’accès à la chambre à coucher, il s’entraine au club tous les samedis et avale quotidiennement sa dose de médicaments.
Côté Chat : Minette a été vue par deux comportementalistes. Enfermée dans une pièce avec sa litière pendant 2 jours puis libérée, elle est maintenant réprimandée à grand coup de pulvérisateur dès qu’elle s’approche du canapé et son environnement olfactif est saturé de molécules synthétiques sensées l’apaiser.
Côté Humain : Mme Dupond, propriétaire de Médor et Minette a été conseillée par plusieurs comportementalistes. Elle ne se reconnaît ni dans les punitions, ni dans l’autorité et s’en trouve désorientée. Elle ne sait plus « qui croire » ni comment réagir face aux difficultés qu’elle rencontre avec ses animaux (car ces difficultés sont toujours bien présentes malgré tout ces changements !).
Cet exemple, rapporté par de trop nombreux clients met en évidence la divergence des approches, présentées pourtant au public sous une même étiquette : comportementaliste.
Une prise de position pour défendre l’approche relationnelle
En tant qu’éthologues et professionnelles intervenant depuis plusieurs années dans les cohabitations avec des chiens et des chats, nous nous intéressons au comportement sous l’angle critique et objectif de l’Ethologie, la science du comportement. Aussi, avant toute autre hypothèse, nous nous proposons d’aborder les comportements de nos animaux sous l’angle adaptatif : Les comportements, y compris ceux qui dérangent, sont des conduites adaptatives (recherche d’un équilibre), pour un individu (unique et sensible), dans un milieu (physique et social) donné et à un instant donné. Ces conduites, dénuées d’intention ou de sentiment humain (méchanceté, vengeance ou culpabilité), devraient être comprises pour être soulagées plutôt que réprimées.
Nous refusons donc que notre approche soit confondue avec :
- des méthodes de conditionnement visant à façonner les comportements de l’animal sans tenir compte de son monde propre, de sa sensibilité ou de ses capacités d’adaptation… ;
- des théories infondées « expliquant » les agissements de nos animaux d’une façon peu parcimonieuse voire totalement anthropomorphique;
- des approches cliniques où l’animal et ses comportements sont au centre de l’attention au détriment de son environnement (cohabitant et lieu de vie) et de ce qui s’y organise.
Ainsi, nous choisissons d’abandonner le titre de Comportementaliste pour poursuivre notre activité de conseil auprès des propriétaires de Chiens et de Chats sous deux nouvelles appellations :
Caniconsultant
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chien
Et Féliconsultant
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chat
Nous souhaitons ainsi participer à faire connaître l’approche relationnelle pour ce qu’elle est :
- Une approche fondée sur l’Ethologie, où les comportements des animaux rencontrés en situation de cohabitation avec les humains sont interprétés de façon objective, à partir des données scientifiques disponibles et sur la base de théories les plus parcimonieuses possibles.
- Une approche éthique où toutes les propositions et tous les conseils donnés sont respectueux de l’animal, de son individualité, de ses besoins éthologiques et de ses expressions comportementales. Aucune punition, répression ou quelconque empêchement n’est réalisé sur ses comportements. C’est en organisant un environnement facilitant autour de l’individu qu’on lui donne la possibilité d’adopter de nouvelles conduites, plus appropriées en cohabitation avec l’humain.
- Une approche personnalisée où le professionnel rencontre les propriétaires à leur domicile pour appréhender leur situation.
- Une approche organisée, engagée et défendue où les professionnels, désormais formés à l’étude, au conseil et à la médiation des cohabitations avec le Chien ou le Chat seront tenus à l’application d’un code de déontologie, et protégés par une veille juridique.
En espérant que le public concerné s’y retrouve plus facilement, pour que les cohabitations aves les Chiens et les Chats soient plus équilibrées.
Amandine ROULET
Ethologue et Féliconsultante
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chat
www.chatvamal.fr
et Julie DECOMPTE
Ethologue, Caniconsultante et Féliconsultante
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chien et le Chat
www.autour-de-mon-chien.com
www.autour-de-mon-chat.com
Qui sont ces nouveaux professionnels ? Quelle est leur approche ? Quelles aides peuvent-ils apporter ?
Caniconsultants et Féliconsultants, des professionnels formés !
Avant d’exercer, ces nouveaux professionnels ont suivi au moins une année de formation spécifique. La formation prépare respectivement les Caniconsultants à l’étude, au conseil et à la médiation des cohabitations avec le Chien ; et les Féliconsultants à l’étude, au conseil et à la médiation des cohabitations avec le Chat. Ces deux professionnels partagent donc une approche commune, appliquée et adaptée à l’abord de l’une ou l’autre des 2 espèces en situation de cohabitation avec les humains.
Au programme de la formation : un solide enseignement théorique (éthologie, psychologie…), de nombreux travaux pratiques (notamment un suivi des formateurs en consultations) et du travail personnel à rendre (comptes rendus, devoir d’observation et mémoire…). (Pour en savoir plus sur les formations c’est ici)
Une approche respectueuse du monde de l’autre et de son individualité
Si certaines émotions sont le propre de l’Homme, nos animaux sont des êtres sensibles voire « hypersensibles» pour certains. Ils peuvent se sentir en danger, en situation d’inconfort, exprimer diverses tensions et frustrations, hurler leurs détresses… Nous, humains non avisés, interprétons souvent ces expressions comme des provocations, des marques de dominance ou de désobéissance, des désirs de vengeance et autres volontés de nuire. Ces projections de nos façons d’humain sur nos animaux nous barrent l’accès à leur réalité et nous poussent sans cesse à vouloir leur apprendre (imposer ?) nos « bonnes » manières… Le Caniconsultant ou le Féliconsultant ne cherche pas à façonner les comportements de l’animal autour des attentes des humains. Il invite les propriétaires à une meilleure prise en compte de la réalité animale et propose des compromis.
Les comportements de nos animaux sont des réponses à ce qu’ils perçoivent, ressentent et vivent. Chaque animal (comme chaque être humain) appréhende le monde d’une façon qui lui est propre. Le Caniconsultant ou le Féliconsultant considère l’individu comme un être vivant à part entière. Il ne se fie pas uniquement aux caractéristiques de son espèce ou de sa race : il étudie l’histoire de l’animal et considère la relation qu’il entretien avec son environnement pour proposer des explications (les plus parcimonieuses possibles !) à ses agissements.
Concrètement, dans les cohabitations :
Le Caniconsultant ou le Féliconsultant est souvent appelé par des propriétaires en difficultés ou déroutés face aux comportements de leur animal (chien ou chat). L’animal produit toute sorte de comportements dérangeants comme des dégradations matérielles, des éliminations à des endroits inappropriés ou à des moments inopportuns, des vocalises intempestives, des agitations nocturnes ou incessantes, des peurs, des fuites ou des « fugues »… Il n’est pas rare que ces difficultés soient accompagnées de manifestations agressives vis-à-vis des congénères, des inconnus ou de certains membres de la famille. Ces comportements qui nous paraissent « désordonnés » sont en réalité l’expression de diverses motivations, frustrations, tensions, besoins… pour le Chien ou le Chat. C’est tout cela que le professionnel considère, étudie et explique aux propriétaires.
Une approche qui gagne à être connue
Lorsque mieux compris et placé dans un contexte qui lui est facilitant, l’animal s’adapte et s’organise naturellement autour de nos attentes (qui ne sont plus des exigences mais bien des demandes pondérées). Il n’y a plus besoin de régenter (avec des ordres) ni de réprimer (avec des punitions) ses comportements. Le quotidien est placé sous le signe de la coopération et de l’équilibre. Bon nombre de difficultés peuvent ainsi être identifiées, anticipées et évitées.
Il est possible de mettre en place un relationnel coopérant avec son animal dès son arrivée dans la famille. Le Caniconsultant ou Féliconsultant intervient à domicile et sur rendez-vous pour toute question autour du Chien ou du Chat, qu’il s’agisse de comportements gênants, nouveaux, inhabituels ou même ordinaires !
Une liste de professionnels en régions : http://www.operrha.com/annuaire
Julie DECOMPTE
Caniconsultante
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chien
et Féliconsultante
Etude, conseil et médiation des cohabitations avec le Chat
3
déc
2010
Vous avez un chien ou un chat et vous souhaitez adopter un second animal de compagnie ? Pourquoi pas ! Mais Félix acceptera-t-il de partager votre toit avec un chiot ? Médor peut il vivre avec un congénère ou avec un chat ? A quels risques allez-vous exposer vos futurs poissons, perruches ou souris blanches ?
Un deuxième chien ?
Vous avez déjà un chien et souhaitez adopter un second canidé, voici quelques éléments de bases à considérer avant de vous lancer :
- Attention à l’âge de votre toutou !
Comment Papi Médor vivra t-il l’intrusion d’un chiot turbulent dans son quotidien ? Si les anciens les plus sociables y trouvent un second souffle, d’autres pourront s’irriter de l’agitation perpétuelle du nouveau venu. Veillez à ce que votre doyen puisse se retirer dans un endroit calme, préservé de tout dérangement.
- Pensez à la différence de taille
Il est souvent conseillé de choisir un congénère du même gabarit que Médor. En effet, il peut être difficile pour un chihuahua et un dogue allemand de communiquer efficacement et de s’ajuster. De plus, dans certaines situations d’agitation, une bousculade maladroite peut rapidement tourner au drame pour certains petits chiens fragiles.
- Du même sexe ?
Le choix du sexe de votre nouveau compagnon peut également avoir son importance notamment si vous avez déjà plusieurs chiens. La compétition sexuelle reste l’une des causes de bagarres entre chiens.
- Evitez la compétition
Le lieu de la première rencontre est décisif. Choisissez un lieu neutre (un lieu de promenade par exemple) et laissez les chiens libres d’interagir comme ils le souhaitent.
Au quotidien, veillez à ne pas chouchouter celui qui vous parait « le plus faible » au risque de générer de la compétition entre vos chiens et d’envenimer les conflits existants. Multipliez les ressources : au moins une gamelle et un couchage par chien sont nécessaires. La répartition de ces ressources sur le lieu d’habitation est également importante : Veillez à éloigner les couchages et les gamelles de sorte que chacun puisse les utiliser sans gêner l’autre.
Bien sur, tout est affaire d’individus et de tempérament. Choisir des chiens sociables aux bonnes capacités d’adaptation est déjà un bon début pour une cohabitation harmonieuse.
Une présence pour mon chat
Comme pour le chien, les idées reçues sur le chat sont légion. Ainsi, il est très souvent estampillé d’animal indépendant « qui vit sa vie dans son coin ». Pas de problème donc pour le laisser seul toute une journée ou un week end, voire davantage. Car c’est bien connu, il n’a besoin que d’une gamelle de croquettes et d’un bac à litière pour vivre… en êtes-vous certain(e) ?
Pour son équilibre, le chat a besoin de stimulations et de contacts sociaux. Pour l’aider à surmonter vos absences, vous pouvez être tenté(e) de vous mettre en quête d’un compagnon à quatre pattes avec lequel Mistigri pourrait jouer, dormir … Cela peut être une bonne idée, mais avant de prendre votre décision et de ramener un nouveau félin, il faudra bien y réfléchir. Votre chat est-il fait pour partager son quotidien avec un autre animal ?
- Un chat pour mon chat
L’introduction d’un second chat (ou d’un troisième …) est chose délicate. Le résident qui avait ses lieux de repos, ses lieux d’élimination et d’alimentation, ses rythmes, va devoir partager son territoire et les ressources disponibles. Même s’il a déjà (bien) cohabité avec un congénère quelques mois ou années auparavant, il va falloir lui laisser du temps et ne pas oublier que l’entente entre chats est aussi une question d’individus !
Le nouveau venu va lui aussi être chamboulé : quel que soit son âge, il quitte un environnement physique et social qu’il connaissait pour se retrouver catapulté dans une nouvelle habitation, avec de nouveaux propriétaires … et un chat ! Pour éviter trop de nouveautés d’un coup, on peut le laisser découvrir son nouveau lieu de vie avant d’organiser la première rencontre avec le félin de la maison.
Mettre deux chats en présence peut être un moment très difficile à gérer pour le propriétaire qui rêve que ses chats s’entendent bien (et le plus rapidement possible !) et qui redoute le moindre grognement. Pourtant, feulements, crachements et autres vocalises font partie intégrante de la communication de nos félins domestiques. Les réprimander à la moindre émission sonore ou au moindre coup de pattes ne fera qu’ajouter des tensions entre les deux protagonistes et ne les aidera en rien à établir une bonne communication entre eux. Il est conseillé de ne pas cloisonner l’espace de rencontre (il faut privilégier un espace aéré avec des refuges en hauteur pour permettre aux chats de s’isoler) et de laisser les chats se cacher. Les démonstrations affectives pour rassurer le plus craintif ou calmer le plus offensif sont elles aussi à mettre de côté.
- Chouchoutez votre sénior !
Si vous voulez égayer le quotidien de votre vieux chat, réfléchissez bien avant de prendre une décision qui rendraient ces vieux jours bien difficiles. Un chat âgé subit différentes pertes sensorielles ce qui le rend plus vulnérable : les modifications importantes de son quotidien peuvent très stressantes. S’il a des difficultés à se déplacer et à sauter sur les meubles, pensez-vous lui faire un cadeau en ramenant une petite boule de poils agitée qui le sollicitera beaucoup (trop ?) et auquel il ne pourra se soustraire ?
- Côté aménagement
Pour que chacun trouve des lieux agréables pour se reposer, n’oubliez pas de fournir à vos deux chats suffisamment de coins repos (au sol et en hauteur) pour qu’il n’y ait pas de compétition à ce niveau. Au début de la cohabitation, vous pouvez aussi ajouter un bac à litière.
Entre chien et chat
Attention à la familiarisation ! C’est le processus (apprentissage) par lequel un individu s’habitue à un autre ou à certaines conditions environnementales. Lors du développement précoce, il existe une période sensible, propice aux apprentissages où l’individu est perméable aux évènements vécus. Il est souvent plus facile de familiariser un chiot à d’autres espèces qu’un adulte (moins souple dans ses comportements).
Si vous introduisez un toutou chez vos chats, l’idéal est donc que le chien ait été familiarisé aux chats. Un chien vif et réactif fera fuir les chats et pourra déclencher des agressions s’il se montre trop insistant. C’est pourquoi il est important de prévoir des refuges en hauteur pour les chats et de les laisser poser leurs limites avec le chien. De nombreuses interventions de la part de l’humain peuvent retarder la mise en place de relations clairement codifiées (communication) entre les animaux, voire alimenter maladroitement les difficultés.
Chiens, chats, poissons, oiseaux et rongeurs
Rongeurs, volatiles et reptiles sont les proies potentielles de Médor et Mistigri. Certains mouvements des petites bêtes (notamment des mouvements vifs, des déplacements rapides ou encore une fuite) peuvent déclencher une séquence de prédation chez nos prédateurs carnivores.
Les compétences de chasseurs de nos chiens et chats vont être principalement définies d’après leurs conditions de développement précoce. Pendant la période sensible, le chaton et le chiot vont apprendre à discriminer les animaux de leur propre espèce et les animaux d’espèces « amies ». S’ils n’ont pas été mis en présence de rongeurs ou d’oiseaux pendant cette période (étant entendu que les présentations ont eu lieu dans un contexte agréable et calme), ils ne peuvent pas les reconnaître comme espèces « amies ». S’il votre chien ou votre chat essaie de capturer la perruche ou le poisson rouge de la maison, il ne servira à rien de le punir. Mettez vos petits animaux à l’abri de leurs crocs et de leurs griffes en choisissant un aquarium solide et couvert et en vérifiant les systèmes de fermeture de la cage de vos oiseaux ou de vos rongeurs.
Surveillez vos animaux comme l’huile sur le feu et n’oubliez pas que la situation peut basculer en un clin d’œil même s’ils semblent « copains ».
N’oubliez pas …
Ne forcez jamais le contact entre vos animaux. Chacun doit être libre de prendre connaissance de l’autre à son rythme et de poser les limites qui lui sont propres. Il peut être utile de se faire aider par un professionnel avant même d’intégrer le nouveau venu. N’attendez pas que les choses se passent mal pour demander conseil à un comportementaliste. En effet, ce spécialiste des cohabitations avec l’animal familier accompagne également les propriétaires dans le choix de leur nouvel animal et les aide à préparer le résident à l’arrivée prochaine d’un congénère ou d’un animal d’une autre espèce.
Amandine Roulet (http://www.chatvamal.fr)
& Julie Decompte
Ethologues
Article publié dans le revue Animal info
Num16 (mai-juin 2010)
26
août
2009
Depuis quelque temps votre chat s’en prend à vous. Il vous agresse parfois très violemment et vous commencez à penser qu’il vous en veut personnellement… « Pourquoi tant de haine ? » me direz vous. Mais est-ce vraiment après vous qu’il en a ?
Un chat frustré peut se révéler irritable
Il est 17h. Minou se réveille de sa sieste, et réclame sa ration de pâtée. Vous êtes occupé à repasser et faîtes mine de ne pas l’entendre. Après 10 minutes de miaulements intensifs, Minou abandonne enfin sa requête et va se poster devant la fenêtre du balcon. Il guette les quelques moineaux affairés à grignoter les miettes du goûter. « Quel festin … inaccessible ! » Vous passez à proximité du félin pour aller arroser vos plantes quand tout à coup c’est l’attaque ! Votre chat, que dis-je votre tigre, bondit toutes griffes dehors, s’agrippe à votre mollet gauche et le lacère littéralement. Vous rugissez (oui, c’est bien vous) de douleur avant de vous prendre les pieds dans le tapis. La chute a été évitée de peu ! Vous hurlez sur ce pauvre Minou et, culpabilité oblige, vous vous dites qu’il se venge parce que vous ne lui avez pas donné à manger plus tôt… Alors vous l’appelez à la cuisine et distribuez sa ration. Le lendemain, alors que vous êtes en train de boire votre café matinal à la cuisine, Minou vous réclame son petit déjeuner. Tandis que vous vous dirigez vers le frigo pour lui donner à manger, il vous agresse à nouveau, cette fois ci au mollet droit. Décidément, il va falloir renoncer à mettre des jupes/shorts pour un temps !
Que s’est il passé ? La première agression comme une attaque redirigée
En effet, votre chat « rêve » d’attraper l’oiseau qu’il aperçoit, seulement cette proie lui est inaccessible. Au moment où vous passez dans son champ de vision, vos mollets mobiles stimulent son « instinct de poursuite ». Il va donc diriger son attaque sur vos mollets à la place de l’oiseau. Il ne se venge en aucun cas de « l’épisode pâtée »… Néanmoins, la faim est une motivation importante à l’apparition des comportements de chasse et de prédation et pourrait aussi amplifier l’intensité de l’attaque.
La seconde agression ou le pouvoir de l’apprentissage
La mauvaise interprétation de la première agression et votre culpabilité vous ont conduit à renforcer (sans le savoir/vouloir) le comportement agressif de votre chat. En distribuant sa pâtée juste après qu’il vous ait agressé(e), Minou a appris : « je l’attaque = je mange ». Le lendemain, lorsqu’une situation similaire se présente (heure du repas + faim + déplacement de vos jambes à proximité), Minou produit un nouvel assaut, cette fois ci par apprentissage et dans le but d’obtenir de la nourriture.
De nombreux facteurs liés à l’agressivité du chat
Un chat peut développer des comportements agressifs pour diverses raisons : s’il ne peut assouvir son besoin d’activité, s’il subit des restrictions territoriales ou alimentaires, s’il supporte de nombreuses frustrations et/ou punitions, s’il est conditionné à l’agressivité… Dans certaines cohabitations, le chat et ses propriétaires sont en grande difficulté. Le tempérament et les besoins de l’animal ne correspondent pas à l’environnement ou au cadre de vie qui lui est proposé. Il ne peut donc pas s’y adapter. Stressé, anxieux, irritable, ce chat peut alors agresser les membres de la famille y compris son être d’attachement. Dans certains cas, l’humain agressé agresse à son tour et l’on assiste à une dégradation rapide de la relation… Pour appréhender ce type de difficulté, une meilleure compréhension des comportements agressifs est indispensable. Le Féliconsultant peut vous y aider.
Julie Decompte
www.autour-de-mon-chat.com
28
mai
2009
Pour construire une bonne relation avec son animal, il est capital de bien communiquer avec lui. Pour cela, il faut être capable de le comprendre et de se faire comprendre de lui. Mais nous ne parlons pas le même langage, alors comment s’y prendre au juste ?
Adopter des attitudes canines ?
Copier le comportement naturel du chien (ou du loup) n’est pas le moyen le plus clair de faire passer un message. Car, le chien ne nous perçoit probablement pas comme l’un de ses congénères. Rendons nous à l’évidence, notre espèce est relativement éloignée phylogénétiquement de celle du chien, et nous ne ressemblons pas du tout à notre petit compagnon poilu. Même avec une queue, des oreilles mobiles et des talents d’acteur né, il y a fort à parier que votre chien ne vous confondra pas avec l’un des siens… (Je sens votre déception). Alors comment un chien peut-il interpréter sans équivoque nos intentions lorsque nous jouons à emprunter (imiter) certains comportements canins ?
Petit exemple d’imitation :
Face à un comportement non compris et gênant (tel certains types de mictions, agitations, ou encore attitudes posturales et même conduites agressives souvent interprétées comme de la « provocation » de la part du chien), se saisir de l’animal par la peau du coup pour lui montrer qui est le chef, le retourner sur le dos (sans le brutaliser ?), le maintenir plaqué au sol, lui donner une claque dans les babines etc. Ces comportements visent à mimer l’attitude qu’auraient certaines mères ou individus dominants face à un congénère belliqueux ou trop remuant. Léger hic : nous ne sommes pas des chiens ! Si le chien comprend facilement que nous sommes contrariés et plutôt « pas contents », notre imitation malhabile sera vécue comme un acte de violence et non comme une interaction sociale clairement codifiée. Le chien adoptera une posture de soumission (aplatissement au sol, allongement sur le dos ou même pipi de stress) ou menacera (mordra ?) par peur. Bonjour la confiance et l’harmonie ! De plus, il n’aura pas pour autant « compris la leçon ».
L’organisation sociale et la hiérarchie
Si nier que le chien est un être social et voit le monde à travers les codes de son espèce ne semble pas tangible, décrire, penser et construire les relations humain-chien comme reposant sur une hiérarchie linéaire (de type dominant-dominé) interspécifique ne paraît pas non plus approprié. Etablir un mode de communication où il s’agit d’imiter les dominants en s’imposant par la force peut même s’avérer dangereux.
Entre chien et homme, il s’agit d’une cohabitation entre deux espèces distinctes.
Nul besoin de se transformer en chien d’un coup de baguette magique ni d’imiter certains comportements maternels ou sociaux canins pour se faire comprendre ! Pour communiquer efficacement avec le chien, sans quiproquos ni malentendus, inventons un nouveau langage prenant en compte :
- ce qu’est le chien : un chien ! S’exprimant au travers du répertoire comportemental de son espèce, des codes sociaux canins…
- qui il est : son tempérament et sa sensibilité (plutôt offensif ou défensif, curieux ou peureux…)
- ce que nous sommes : des humains ! Des êtres appartenant à une espèce différente de la sienne.
Nous pouvons communiquer de façon claire et cohérente avec nos chiens, sans violence et dans le respect de leurs émotions. Proposer un modèle de cohabitation basé sur l’équilibre entre les besoins de nos chiens et nos attentes d’humains pourrait constituer la base d’une relation saine et harmonieuse.

- Dark Médor et Pluke Floorwalker : Idée originale et croquis par Julien Nègre
Julie Decompte
www.autour-de-mon-chien.com
Trop souvent nous nous retrouvons dans des situations difficiles avec nos animaux. En réagissant de façon inadaptée face à l’agressivité de nos chiens nous nous mettons en danger parfois même sans le savoir… Mieux comprendre les conduites agressives et en particulier le comportement de menace pourrait peut être éviter quelques morsures.
A quoi sert la menace ?
Lorsque votre chien vous menace, il vous signale qu’il vit une situation désagréable. Quelque chose le dérange et il tente le plus souvent de se soustraire à cet inconfort. La plupart des grognements ou autres menaces visent à mettre l’autre à distance, à repousser ce qui est désagréable ou inquiétant. Ce comportement est de type dissuasif, il sert à éviter le combat.
En vous menaçant, le chien ne cherche pas à « défier votre autorité » ni à vous « provoquer » ni à « créer un conflit », au contraire, il tente de le désamorcer. C’est la situation (incompréhension, compétition, contrainte, douleur…) qui génère un inconfort chez l’animal et conduit à l’apparition de la phase de menace, et non l’inverse !
Un signal d’alarme
Si votre chien grogne, montre les dents, vous aboie dessus ce n’est pas un jeu, c’est pour vous prévenir… Si vous restez sourd face à cet avertissement ou si vous persistez au registre de l’incompréhension, la prochaine étape sera la morsure.
Que faire face à un comportement agressif ?
Posez vous la question : que feriez vous face à un humain qui vous dirait : « vas t’en, laisse moi tranquille sinon ça va chauffer, j’ai mal ou encore j’ai peur de toi » ? Lui mettriez vous une baffe ? Tenteriez vous de le punir pour lui faire comprendre que ce n’est pas bien ? Insisteriez vous à molester cette personne ou la laisseriez vous tranquille… ?
Attention ! Penser que son chien tente de « dominer », et vouloir réaffirmer sa « position hiérarchique » en s’engageant dans un rapport de force peut vous entraîner sur une pente glissante.
Si jouer les « kamikazes » est exclu, minimaliser la situation et considérer que « ce n’est pas grave » est également dangereux. La menace est révélatrice d’une situation conflictuelle et délicate, il vous faut la comprendre et apprendre à la gérer au mieux. Ne pas prendre conscience du malaise, c’est s’exposer de nouveau (sans le savoir) à des situations dangereuses et risquer d’autres conduites agressives.
Quand l’incompréhension laisse place à la violence
Si la relation entre vous et votre chien est difficile, ponctuée de quiproquos et d’incompréhensions, le conflit (et la morsure) vous guette ! En effet, placé dans un climat de tensions et de stress (mêmes « modérés ») le chien pourra menacer voire agresser. L’agression peut être utilisée à titre défensif ou pour éclaircir une situation, mais elle reste un comportement : une réponse que l’animal donne à une situation pour restaurer son équilibre émotionnel. Si les chiens les plus sensibles (craintifs, « hyper sociables », émotifs…) sont particulièrement exposés, tous les chiens peuvent être amenés à vivre un jour une situation inconfortable ou conflictuelle. Suivant le contexte, l’histoire personnelle de l’animal et la relation à son environnement, certains individus pourront « choisir » d’utiliser la menace pour gérer cette situation. A moins que nous, humains, sachions identifier les difficultés, les anticiper et les gérer nous même de façon adaptée sans contrainte ni brutalité.
Car au titre de la violence il n’y a jamais de vainqueur, seulement des blessures inutiles.
Julie Decompte
www.autour-de-mon-chien.com
Publié chez French Toutou . com
http://www.frenchtoutou.com/info/decompte_agessivite.php
1/ Choisir un endroit propice
- Un endroit calme sans trop de stimulations.
- Offrez à votre chiot la possibilité de faire ses besoins sur son substrat préférentiel (herbe, béton, terre…)
2/ Choisir le moment opportun
- Sortez-le rapidement après les phases de repas, de jeu ou de repos.
- Observez votre chiot, s’il exprime une envie (s’agite, renifle le sol ou tourne en rond), sortez-le tout de suite !
3/ Organiser la digestion des aliments
- En proposant une nourriture en quantité adaptée, à horaires fixes et de façon organisée.
4/ Gérer la situation en cas d’accident
- NE PUNISSEZ PAS PETIT CHIOT ! Même pris sur le fait.
- Nettoyez hors de sa vue pour éviter qu’il ne vienne patauger dedans.
- Utilisez plutôt du vinaigre blanc ou de l’eau gazeuse pour le nettoyage.
5/ Les astuces en plus
- En votre absence, limitez l’espace que votre chiot peut occuper (pour faciliter votre nettoyage)
- Une fois votre chiot plus à l’aise, augmentez progressivement l’intervalle de temps entre 2 sorties de manière à ce qu’il apprenne à se retenir plus longtemps.
- Félicitez le s’il fait ses besoins au bon endroit, gratifiez le de vos plus beaux compliments (« c’est bien ! ») pour l’inciter à recommencer.
- Rapportez lui des cartons ou des cagettes (attention ! Evitez les matières plastiques qui semblent stimuler le marquage urinaire).
- Changez régulièrement les jouets afin qu’ils conservent leur pouvoir attractif.
- Laissez le jouer avec les bouchons de liège. Pourquoi ne pas en suspendre sur son griffoir : Percez le bouchon, enfilez une ficelle, faites une boucle, et le tour est joué !
- Cachez quelques croquettes dans des boulettes de papier, sous les meubles et les coins de tapis afin de stimuler son « instinct de fourragement » …
Julie Decompte
19
mar
2009
Vous habitez en appartement et rêvez d’adopter un chat ou un chaton. Voici quelques conseils pour bien choisir le compagnon qui saura s’adapter à une vie sans accès à l’extérieur.
Il est communément admis qu’un chat peut être tout à fait « heureux » en appartement. Ce n’est pas toujours vrai ! En effet, certains chats ne pourront jamais s’adapter à la vie en appartement. Pour comprendre pourquoi, il faut s’intéresser à l’histoire du chat.
Au commencement, le chaton : les conditions de développement du chaton sont déterminantes pour sa vie future de chat. Si votre chat a vécu suffisamment longtemps en extérieur lors de son jeune âge, il y a fort à parier que son potentiel de chasseur ait été développé. En effet, au contact d’un environnement riche en stimulations de type naturelles (proies, congénères…) les comportements naturels (ou « primitifs ») du chat apparaissent. En fait, l’animal développe les comportements dont il a besoin pour survivre dans le milieu dans lequel il se trouve. Les comportements utiles à la survie et les réflexes acquis s’encrent ensuite dans la personnalité de l’animal. Adulte, le chat ne peut plus revenir en arrière. Ainsi, un chat ayant toujours vécu en extérieur aura un fort besoin d’activité. Pour son équilibre, il lui faudra désormais vivre dans un milieu adapté, suffisamment riche en stimulations (d’un point de vue quantitatif et qualitatif). Ce chat aura certainement beaucoup de mal à s’adapter à la vie sans jardin !
Pour la vie en appartement, choisissez plutôt un chaton ou un chat adulte n’ayant pas connu l’extérieur. Mais attention ! N’oubliez pas que même un chat d’appartement a besoin d’activité ! Seulement, c’est vous qui en devenez son « fournisseur officiel ». Il vous faudra donc jouer avec votre animal mais aussi faire preuve d’imagination pour lui apporter de nouvelles stimulations.
Le petit conseil en plus : Attention si vous laissez sortir votre chat d’appartement en week-end ou en vacances ! En effet, même si l’environnement de l’appartement n’est pas suffisant pour stimuler l’expression de tous les comportements naturels de votre chat, certains restent potentiellement présents et peuvent s’exprimer si le chat est confronté au monde extérieur. Le retour à la maison sans accès à l’extérieur risque de générer de la frustration… et quelques comportements gênants ! Si vous êtes amené à sortir régulièrement votre chat (qui vit en appartement), vous pouvez consulter un Féliconsultant qui vous aidera à organiser les sorties et à les gérer au mieux, de manière à générer le moins de frustration possible pour votre chat…
Julie Decompte
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